Femme qui manifeste devant les policiers

Pourquoi il existe toujours autant de bavures policières envers les afro-américains ?

Le 25 mai à Minneapolis, aux États-Unis, Georges Floyd, un afro-américain a été victime de violences policières. Il a succombé des suite à un étranglement par le policier blanc, Derek Chauvin. Enquête.

Et un de plus. Nous sommes le soir du lundi 25 mai aux alentours de 20h40 dans le quartier de Minneapolis, lors d’une arrestation, George se retrouve plaqué au sol par trois policiers. Le policier Derek Chauvin, appuie son genou sur sa nuque. Ce dernier, ne pouvant plus respirer, supplie le policier en vain. Ce papa s’évanouie avant de décéder laissant derrière lui ses deux filles et sa femme. La mort de cet agent de sécurité âgé de 46 ans a choqué l’Amérique ainsi que le monde entier. Des émeutes, des manifestations ont éclaté aux quatre coins du monde depuis ce jour. Les personnalités comme Beyoncé, Kyllian M’Bappé, Camélia Jordana ou encore Omar Sy, n’ont pas, eux non plus, manqué de réagir sur les réseaux sociaux.

Les noirs victimes de bavures policières depuis des années

Si aux États-Unis l’assassinat de George a indigné toutes les nations, ce n’est pas le premier. Il n’est que la énième victime de la brutalité policière envers les noirs. Chaque année, des milliers de personnes sont tués dont un quart sont des noires. Mais le racisme ne s’arrête pas là. La communauté noire a 8,7 fois de risque de se faire arrêter pour fautes mineurs que les autres communautés. Entre 2008 et 2018, 60% des noirs se sont fait tués par la police.

Pour certains, cet acte est impensable. « Je trouve cela honteux et inhumain et contraire à leurs engagements« , s’indigne Sophie, maman de deux enfants. « Ils (la police ndlr) doivent nous protéger et non pas assassiner. Je n’approuve pas du tout ces actes« . Puis elle ajoute que « nous sommes tous des êtres humains peu importe la couleur de peau. Je ne supporte pas le racisme que ce soit la police envers les citoyens et inversement« . Selon le sociologue Mathurin Diawara, « une faute, minimum soit-elle, vous traîne à la justice tout simplement parce que votre couleur de peau est stéréotypée de dangers« .

Pourtant, selon le directeur de CNRS Sébastien Roché et le politologue Didier Combeau, la violence est surtout dû au fait que la plupart des américains sont armés. Aux États-Unis, la loi autorise de posséder et porter une arme à feu. Ainsi, « chaque fois qu’un policier fait une intervention, il risque de se trouver face à une arme », explique Didier Combeau avant de préciser que le temps passé à l’entraînement au tir dans la formation des policiers américains est bien plus importante que le temps accordé à la formation à la psychologie ou à la résolution de conflits. »

Une discrimination raciale qui subsiste

À Minneapolis, la population noire subit depuis des années des inégalités sociales et économiques. Mathurin Diawara, pense que la ségrégation raciale et l’inégalité sont « une réalité aux Etats-Unis » avant de préciser pourquoi. « Les États-Unis n’ont eu qu’un seul président noir. Plusieurs américains blancs considèrent les noirs comme des étrangers. Ils ont des clichés, des préjugés, des stéréotypes comme ils viennent occuper nos postes jusqu’à ce qu’ils confondent américain et migrant noir, ce qui peut créer une sorte de « noirphobie » et ne jamais reconnaître les noirs comme des compatriotes« .

Par ailleurs, le taux de chômage chez les noirs est de 10% contre 3,6% chez les blancs. Aussi, les revenus moyen des noirs est plus bas que ceux des blancs, 43%. Ils ne touchent pas autant que la population blanche. « Et si cette discrimination va plus loin, ça serait difficile pour les noirs d’avoir un emploi malgré les diplômes, sont au chômage. Alors comment peut-on atteindre les deux bouts ? Ainsi, certains peuvent devenir pessimistes et ne vont plus croire à un avenir certain par conséquent ils rejoignent le lot des révolutionnaires, des gangs pour venger des frères, nourrir sa famille ou se faire une place dans le quartier« , détaille-t-il.

Les noirs sont aussi la cibles des contrôles d’identité lorsqu’ils franchissent les frontières d’un pays. Selon Sébastien Roché « En France comme aux États-Unis, les policiers vont particulièrement cibler les minorités en matière de contrôles d’identité, ce qui n’est pas le cas en Allemagne, par exemple. La discrimination policière sur une base ethnique est donc une réalité aussi bien en France qu’aux États-Unis. »

Une justice qui minimise les faits racistes

Selon Aline, juriste en contentieux public, les sanctions ne sont pas à la hauteur des actes criminels envers les noirs. « La justice ne punira pas sévèrement à la hauteur de leurs actes, la police, auteur d’actes racistes« , juge-t-elle avant d’expliquer pourquoi. « Il y a une présomption envers la police soit de bonne foi, soit de légitime défense, soit d’acte intentionnel, soit de chiffres statistiques du style « les noirs de toute façon sont toujours des voyous. C’est quelque chose qui de prime abord, vise toujours à excuser l’acte raciste ou à le nier. Juridiquement, c’est bien souvent difficile de prouver l’intention raciste. C’est la parole de la police contre la victime donc l’institution justice prend le parti naturellement de sa « consœur » l’institution police ».

 

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